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L'économie locale

La position excentrée du département des Hautes-Alpes dans la région Provence - Alpes - Côte d'Azur ne lui confère pas pour autant les caractéristiques d'un département affecté par l'exode rural. Les soldes naturel et migratoire, positifs, engendrent une croissance de la population. Celle-ci s'accompagne d'une augmentation du nombre d'emplois, essentiellement dans les secteurs d'activité les plus concernés par une économie centrée sur le tourisme et la ruralité : agriculture, artisanat alimentaire et de la construction, services aux particuliers, services publics et administration. Les caractéristiques de la population, plutôt dotée d'un bon bagage scolaire, ne reflètent pas la structure de l'emploi, qui fait largement appel à des qualifications de base. Néanmoins, les Hautes-Alpes parviennent à concilier les départs des jeunes, désirant continuer leurs études au-delà du baccalauréat, et l'arrivée de nouveaux résidents actifs, porteurs de développement économique et social.


Situées aux confins du Dauphiné, de la Provence et du Piémont italien, les Hautes-Alpes forment le plus haut département habité de France. La présence du parc national des Écrins et celle du parc naturel régional du Queyras témoignent de son intérêt écologique. Toutes les communes sont impliquées dans l'un des trois territoires de projet, construits autour des centres urbains de Gap, Embrun et Briançon.

 

UNE CROISSANCE CONSTANTE DE LA POPULATION


Le département des Hautes-Alpes est le moins peuplé de la région Provence - Alpes - Côte d'Azur ; près de trois habitants du département sur dix résident sur la seule commune de Gap. La moyenne d'âge est plutôt élevée. Néanmoins, depuis les années 1970, la population ne cesse d'augmenter grâce à un solde naturel positif, mais surtout par un apport migratoire important et constant. Cette arrivée de population génère une présence plus marquée qu'en région d'actifs en milieu de vie professionnelle et, avec eux, de leurs enfants. Malgré son enclavement géographique, le département n'est pas dans une logique d'exode rural.

 

UNE ÉCONOMIE RURALE ET TOURISTIQUE EN DÉVELOPPEMENT


Les activités de l'agriculture et de la construction, traditionnelles des économies rurales, sont encore très présentes, même si ce sont les secteurs qui ont perdu le plus d'emplois durant les années 1990. Sur cette même période, le développement important de l'emploi total a été essentiellement le fait des services liés à la croissance des activités touristiques : transports (dont remontées mécaniques) et commerce. Conjointement, les activités liées aux services à la personne (éducation-santé-action sociale) ont connu un essor notable. L'emploi public (administrations locales et départementales, éducation-santé) tient une place très importante. Contrairement à la tendance régionale, la petite industrie se développe, qu'elle concerne les produits agricoles et agroalimentaires (salaisons, fromageries) ou les biens de consommation (transformation du bois, fabrication de vêtements et articles de sport). L'emploi est concentré dans des établissements de petite taille et s'exerce pour une grande partie sous un statut de non-salarié, celui des chefs, repreneurs ou créateurs d'entreprise.

 

UN SYSTÈME D'EMPLOI SAISONNIER BASÉ SUR DES QUALIFICATIONS DE BASE


En dehors de l'emploi dans la fonction publique, deux systèmes de gestion de main-d'oeuvre se côtoient. L'un, où l'emploi est stable, est très masculin, ouvert aux jeunes et aux sans-diplôme. Ces pratiques sont caractéristiques du bâtiment et des travaux publics, du transport, de la petite industrie. L'autre, plus important, spécifique du commerce, de l'hôtellerie et de l'action sociale (métiers de l'animation et du sport) est très ouvert aux femmes ou aux jeunes, mais l'emploi y est très instable. Globalement, les salaires moyens sont modestes, pour toutes les catégories professionnelles, et l'instabilité de l'emploi est plus marquée, du fait de la double saisonnalité (février et juillet) de l'activité économique. Logiquement, les emplois du département font très largement appel à des qualifications de base, et ce, pour toutes les familles de métiers, à l'exception de ceux qui sont liés à la santé, à l'animation, à l'éducation ou à l'administration publique.

 

UN RYTHME DE CRÉATION D'EMPLOIS FREINANT L'ÉVOLUTION DU CHÔMAGE


Le département connaît un taux de chômage parmi les plus faibles de France. Si la progression annuelle du chômage durant les années 1990 est faible, c'est grâce au rythme soutenu des créations d'emplois. Il n'a cependant pas été suffisant pour contrecarrer l'ensemble des effets dus à la propension croissante des résidents à se porter sur le marché du travail et surtout aux flux migratoires. La demande d'emploi apparaît davantage féminisée. Cela reflète un niveau d'activité très élevé des femmes, en même temps qu'une certaine difficulté dans l'accès à l'emploi. Parallèlement, les niveaux de formation des demandeurs d'emploi sont relativement élevés, comme celui de la population locale dans son ensemble.

 

RELATIVEMENT PEU DE DIFFICULTÉS SOCIALES


L'élévation générale des niveaux de formation de la population et l'augmentation massive du nombre de résidents cadres ou professions intermédiaires se situent en décalage avec la structure de l'emploi, pour l'essentiel construite sur des qualifications d'employé. Cela accrédite l'hypothèse que l'installation de nouveaux résidents s'accompagne souvent de la création d'une activité. Les agriculteurs exploitants, les artisans-commerçants et les professions intermédiaires singularisent la structure socioprofessionnelle des résidents des Hautes-Alpes. Le profil social du département est peu marqué par les situations d'extrême précarité ou d'inégalités de revenus, et les résidents sont souvent propriétaires de leur logement.

 

PARTIR DU DÉPARTEMENT POUR POURSUIVRE SES ÉTUDES


Ce contexte social conditionne fortement les comportements de scolarisation. Les jeunes du département connaissent peu de difficultés scolaires, et se dirigent plus souvent vers l'enseignement général et technologique. Ils sont nombreux à quitter le département afin de poursuivre des parcours de formation au-delà du baccalauréat, essentiellement dans les pôles universitaires d'Aix-en-Provence et de Marseille.

 

UNE OFFRE DE FORMATION À RAYONNEMENT RÉGIONAL


Bien que peu attractive pour les jeunes locaux, l'offre de formation professionnelle accueille proportionnellement plus de jeunes et d'adultes qu'en moyenne régionale, au regard des populations cibles. Ce constat met en relief une particularité du département des Hautes-Alpes. Les systèmes scolaires de formation professionnelle accueillent beaucoup de jeunes des autres départements de la région, voire de la région Rhône-Alpes. La présence de spécialités sportives associées aux formations (préparation au monitorat de ski), la possibilité d'acquérir une double qualification professionnelle (par exemple, en menuiserie et en électrotechnique), l'implantation d'un établissement climatique, fondent cette attractivité. En revanche, l'apprentissage apparaît peu développé, probablement par manque de candidats, et malgré des conditions économiques favorables à sa présence (économie rurale et artisanale, métiers faisant appel à des qualifications de base).

 

Ce texte est extrait du document "Outils d'analyse - N°6 : Perspectives territoriales emplois et qualifications (Hautes-Alpes) "; vous pouvez le télécharger dans sa version complète (56 pages) sur le site de l'Observatiore Régional des Métiers - Provence Alpes Côtes d'Azur . Des documents comparables existent également pour les villes de Gap et de Briançon.

 

 

Découvrez les filières économiques des Hautes-Alpes :

 

Filière Aérienne


Filière Agro-alimentaire     


Filière Bois      


Filière BTP        


Filière Energies Renouvelables    


Filière Elevage et agriculture    


Filière Electronique et TIC


Filière Tourisme

 

Filière Commerce